humour

L'humour et la condition humaine

L'humour au regard de ce qu'est l'humain.

Exposé soutenu au séminaire de 4ème année de thérapie familiale systémique

"L'humour est une déclaration de dignité, une affirmation de la supériorité de l'Homme sur ce qui lui arrive et la meilleure arme du combat à mener contre soi-même". Romain Gary

Introduction, l'humour et l'humain : un drôle de miroir !

A la problématique posée par le titre de ce séminaire, à savoir : Qu'est ce que l'humain ? L'humour serait censé apporté des réponses. Encore faudrait il s'entendre sur ce qu'est l'humour ? Or la difficulté de définir l'humour avec précision surgit d’emblée : l’humour est-il seulement comme le suggère le petit Robert une "forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites". Il est vrai qu’on peut "faire de l’humour" et même en faire profession comme les humoristes. Mais on peut aussi "avoir de l’humour" sans nécessairement en faire. Comment sinon, serait-on sensible à l’humour des autres ?
Par ailleurs, personne ne rit des mêmes choses, au même moment, ni de la même façon. Le rire est la marque de notre singularité, de notre rapport particulier au corps et au temps. Entre « privates jokes » d'initiés, humour noir ou anglais, blagues juives ou brèves de comptoir, il traduit ce qu'il y a de plus intime de nos micro-territoires relationnels. Il nous libère de nos attaches autant qu'il révèle nos allégeances et nos appartenances culturelles. De fait, l'humour, qu'on en fasse ou qu'on y soit sensible, induit de l'altérité et c'est ce rapport à l'autre qui devient alors difficile à définir. Aussi je propose comme fil directeur de cette présentation d'envisager comment l'humour et la condition humaine s'éclaire mutuellement en portant une attention particulière à tout ce qui nous est susceptible de nous faire rire ?

Bien sûr, l'humour est une des formes du risible. Il en existe d'autres comme l'ironie, la parodie, la dérision, le burlesque... Bien que fort différentes les unes des autres, elles expriment toutes à des degrés de profondeur divers, une forme particulière de l'intelligence humaine dans la mesure où chacune d'entre elles fait appel à des qualités d'identification et de distanciation, c'est à dire de réflexivité d'avec une situation observée. On voit d'ailleurs bien le trouble que peuvent susciter en nous des personnes dénuées de tout sens de l'humour, nous percevons alors instinctivement comme un défaut d'humanité qui nous glace !
Pour certains analystes du comique, l’humour comme façon de communiquer sous-tend irréductiblement une relation de complicité qui offre une chance aux interlocuteurs de se reconnaître à la fois comme semblable, par le même regard possible sur une situation, et à la fois comme différent, par la capacité à dépasser la littéralité étroite d'un sens unique pour accéder au multiple du sens. Notons que l'homme sait rire dès sa naissance avant même d'apprendre à parler. Son premier rire exprime le contentement mais très vite avant même les premiers mots, le tout jeune enfant sourit puis rit de situations qui lui semblent cocasses. Il y perçoit le caractère absurde ou décalé d'une situation ce qui implique du recul, une certaine distance par rapport celle ci.

D'un point de vue purement scientifique, le rire n'est pas un phénomène exclusivement humain. D'ailleurs, des études d'éthologie ont mis en évidence le fait que le rat (animal pourtant très éloigné de l'homme dans la classification évolutive) était lui aussi capable de rire, au sens physiologique du terme, de même que le singe. Cependant, cette théorie psychophysiologique est trop superficielle et trop incomplète pour caractériser le rire. On s'aperçoit très vite qu'il existe, du moins pour l'homme, différents types de rires. L'humanité du rire n'est donc pas à chercher dans la forme qu'il prend mais plutôt dans sa signification. Pour l'homme, le rire est consécutif des émotions suscitées : rire nerveux qui soulage et détend en nous permettant d'extérioriser une tension trop importante, rire de bonheur ou de plaisir témoignant de notre satisfaction, ou encore rire réfléchi suite à quelque chose d'humoristique (dessin, situation, plaisanterie).
C'est donc lorsqu'il est l'expression d'un sentiment et/ou d'une réflexion que le rire acquiert une dimension particulièrement humaine. Aussi pour être plus rigoureux, on peut désormais affirmer que l’humour est une qualité sensible du regard. Il s'agit de discerner l’insolite, de quitter la platitude du premier degré des choses et des êtres. Percevoir ce décalage et s’y engouffrer, c’est inoculer sa parcelle d’humanité créatrice dans l’épaisse banalité figée. L’humour permet alors de prendre les choses autrement qu’elles s’imposent, il crée en permanence l’alternative là où régnerait, sans lui, le monolithisme du fait et du sens. Il donne une liberté étonnante car il laisse entrevoir un pourquoi pas ? Une autre façon de poser les questions, d'envisager la vie et plus largement d'interpréter notre condition humaine.
Je propose pour l'instant de laisser de côté l'humour et de répondre aux deux questions suivantes :

De quoi rions-nous et pourquoi rions-nous ?

De quoi rions-nous ?

La plupart des penseurs modernes répondent en invoquant un hiatus, un décalage, une inadéquation que le rire permettrait de surmonter ou de réduire. Selon Schopenhauer, nous rions quand la réalité ne correspond pas à la définition qu'on en donne. Bergson est sans doute le philosophe qui a le mieux décrit d'où nous vient le rire. Dans son étude sur le Rire (1901), il nous dit que nous rions des situations, des mots, des caractères surtout lorsque nous avons l'impression de quelque chose de rigide, d'arbitraire, de « plaqué » sur la souplesse naturelle et l'infinie variabilité de la vie. Bergson, comme avant lui Montaigne, pose qu'il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain.
Et ce qui est proprement humain tient de l'opposition juxtaposéede la mécanique sur le vivant. Bergson intègre ainsi la tradition de pensée selon laquelle le ressort principal du comique (volontaire ou involontaire) résiderait dans la contradiction. Cette contradiction implicite ou explicite crée un différentiel et c’est pourquoi, lorsqu’on raconte une blague, la chute, c’est à dire la manière dont on la termine, est particulièrement importante. Exemple :"Comment appelle t-on un chien sans patte ? - On ne l’appelle pas, on va le chercher".
Luigi Pirandello parle à la même époque de « sentiment du contraire » et aujourd'hui encore, les analystes du comique s'accordent sur l'idée que notre rire est excité par une dis-convenance, d'un décalage qui prend à rebrousse-poil nos attentes et nos jugements habituels. Faire preuve d'humour serait en définitif manifester un esprit de contradiction. Mais étant donné que toute les contradictions ne prêtent pas toujours à rire, quelles sont les conditions de sa risibilité ? Et d'autre part, par quel genre d'opération la contradiction comique est-elle produite ?

- A la première question : Quelles sont les conditions de la risibilité de la contradiction, la réponse traditionnelle est celle apportée par Aristote, c'est ce que l'on a appelé par la suite la théorie du sentiment de supériorité et de dégradation de l'objet risible. Le comique consiste en un défaut ou une laideur qui ne causent ni douleur ni destruction. En somme, le rire est l'expression d'une moquerie, il est alors considéré comme vil mais il n'en fait pas moins appel à l'intelligence humaine car les animaux semblent bien incapables de se moquer d'eux mêmes. Cette définition sera reprise par Kierkegaard qui la précise. Si « le tragique est la contradiction souffrante, le comique est la contradiction sans douleur » car tandis que le comique se réserve le moyen d'en sortir par le haut, pourrait-on dire, le tragique lui « voit la contradiction et désespère d'en sortir ». Dans les deux cas, il y a conscience, conscience de la moquerie dans le comique et conscience de l'impasse dans le tragique.
- Tentons maintenant de répondre à la deuxième question : Par quel genre d'opération la contradiction comique est-elle produite ? Revenons à Bergson qui nous dit que « le rire est de nature conformiste socialement parlant et agressive étant une manière de mater la déviance lorsque celle ci n'est pas susceptible du code pénal ». Le rire est par là-même mésestime, ce qui le rapproche bien de ce qu'en dit Aristote lorsqu'il énonce que le comique est lié en un défaut ou une laideur. De fait, ce qui fait rire est consécutif à une accumulation de tension dont le point de départ est la dénonciation qu'un trait de caractère considéré comme condamnable mais dans lequel chacun d'entre nous peut se reconnaître. On se reconnaît et on ressent une libération après un enfermement qu'on n'avait pas vu venir et on se soulage en riant. Après un bref moment de désarroi, de consternation, pendant lequel nous nous sentons pris au dépourvu, nous éprouvons une brusque détente et notre tension nerveuse s'évacue dans une explosion de rire. Dans sa critique de la faculté de juger, Kant généralise cette idée : « Le rire est une attente déçue... c'est un affect qui résulte du soudain anéantissement de la tension d'une attente » et le philosophe Spencer dira lui que le rire est « l'indice d'un effort qui rencontre tout à coup le vide ». On pensera à bien des situations où l'on subit la tension d'une souffrance supportable avant d'entendre ou d'émettre une blague. Dans de telles situations, le comique n'a pas généré un état de tension angoissant si bien qu'il sert juste à dissiper l'inquiétude qui s'est accumulée. C'est toute la différence semble t-il entre l'humour et l'esprit. Ceux ci se distinguent non pas au niveau des procédés verbaux employés mais en fonction des circonstances dans lesquelles la blague est émise. Il y a humour si l'état de tension précède la plaisanterie, esprit s'il en découle. Tous ces points de vue font référence à ce que l'on appelle la théorie intellectualiste du contraste et de l'incongruité du rire.

Venons en donc aux procédés comiques. Bergson les regroupe sous 4 rubriques principales : la répétition, l'inversion, l'interférence des séries et la transposition de ton.
- La répétition consiste à un effet de saturation qui nous rend complice d'une situation par l'absurde qu'elle cherche à mettre en évidence. Exemple du stretch de Fernand Raynaud sur les croissants ou de Molière dans les Fourberies Scapin.
- L'inversion est un procédé qui prend au piège qui l'a posé tel que l'arroseur arrosé.
- L'interférence des séries c'est quand une situation appartient en même temps à deux séries d'évènement indépendantes, et qu'elle peut s'interpréter à la fois dans deux sens tout différents. L'interférence des séries est à l'origine du quiproquo dans le domaine du comique de situation, ainsi que du calembour, de la contrepèterie et du jeu de mots dans celui du comique verbale.
- La transposition de ton se décline selon deux axes. Ainsi on fait de l'ironie quand « on énonce ce qui devrait être en feignant de croire que c'est précisément ce qui est » et on fait de l'humour quand « on décrit minutieusement et méticuleusement ce qui est en affectant de croire que c'est bien là ce que les choses devraient être ».
Jusqu'à preuve du contraire, il n'y a que les humains qui soient capables d'élaborer ces procédés comiques pour rendre compte des simulacres que la vie peut nous amener à éprouver.

D'autres intellectuels comme Louis Cazamian souligne que le sourire, voire le rire sont obtenus lorsque nous nous rendons compte que nous pouvons mettre en pause les jugements implicites qui règlent nos réactions de vie. Cela peut-être la suspension des jugements d'opinion et nous nous découvrons pince-sans-rire, ou bien l'arrêt du jugement moral qui nous amène à tolérer la différence, voire à l'accepter, ou encore à ressentir de la tendresse lorsque le jugement affectif ne nous clive pas.
Dans l'Anti-Œdipe, Gilles Deleuze et Félix Guattari prennent le contre pied de toutes ces assertions qui lient l'humour à la contradiction et préfèrent confirmer les déclarations de Vladimir Jankélévitch qui souligne dans Quelque part dans l'inachevé le lien entre l'humour et le mouvement : « L'humour c'est la conscience en voyage, il est toujours en route et il n'est jamais arrivé, il va ailleurs, toujours au delà » ou encore « l'humour est taillé dans la même étoffe fluide que le devenir ». Cette dernière assertion nous ramène aux origines humorales de l'humour. En effet, depuis Aristote jusqu'à Hippocrate, l'humour a été d'abord pensé comme mobilité et fluence. Étudions cette caractéristique en essayant de répondre à la deuxième question.

Pourquoi rions-nous ?

Il existe deux thèses chacune étant complémentaire de l'autre. D'une part la médecine humorale et d'autre part la psychanalyse.
- Parmi les humeurs du corps, l'une en particulier se signale dès l'antiquité grecque par sa propension à perturber les fonctions du cerveau et les facultés de l'âme : la bile noire ou mélankholè. Depuis Aristote jusqu'à Hippocrate, la bile noire est posée comme puissance psychotrope de première importance. La renaissance anglaise lui témoigne un intérêt extraordinaire en particulier tout le théâtre élisabéthain (les comédies de Shakespeare) c'est là le point de départ de ce que l'on appellera l'humour anglais.

Plus tard, vers le milieu du 18ème siècle, la langue française adopte le terme humour mais également le mot spleen dont la traduction désigne la rate, cette organe est considérée alors comme le siège de la mélancolie. Deux emprunts à la langue anglaise sont donc effectués au même moment pour dénommer un seul et même complexe lié à la constitution corporelle. Le rire et la mélancolie sont donc censés provenir d'une seule et même source organique. Le rire est censé stimulé la fonction purificatrice de la rate et travaille à l'évacuation de l'humeur peccante. Ce point de vue est celui de Jonathan Pollock qui défend l'idée selon laquelle « toute tentative de comprendre le phénomène de l'humour doit prendre en compte celui de la mélancolie : non seulement ils s'éclairent mutuellement mais ces deux phénomènes ne peuvent être conceptualisés que par le biais d'une élaboration commune ». Du coup, la notion aristotélicienne de catharsis, l'épuration retrouve ici sa signification médicale ainsi qu'une application au genre comique.

Alors que les médecins raisonnent en terme d'équilibre d'humeur et d'évacuation d'un trop plein d'atrabile (matérialisé par le rire), Freud pose l'idée d'une homéostase psychique obtenue par la décharge d'un trop plein d'énergie pulsionnelle. L'appareil psychique tend à la réduction de l'excitation ou à son maintien (éventuellement par le rire) et lorsque nos désirs informulés de l'enfance font irruption dans le langage, celui-ci colmate aussitôt cette béance par le "witz", le mot d'esprit. La thèse de Freud est une relecture de la théorie du contraste que le rire permet de surmonter ou de réduire. Son apport original tient surtout au parallèle qu'il fait, dans « Le mot d'esprit et sa relation à l'inconscient » (1905), entre le trait d'esprit et l'activité onirique (le rêve). L'un et l'autre portent l'expression d'un vœu inconscient et d'autre part ils emploient pour ce faire les mêmes techniques d'élaboration notamment la condensation, le déplacement, l'utilisation multiple du même matériel, la figuration indirecte, la figuration par le contraire (l'ironie) et l'utilisation du non-sens.
Freud reprendra son analyse des variétés du comique dans un petit texte l'Humour (1928) mais ce qui l'intéresse désormais ce sont les opérations intra-psychiques qui président à sa naissance. Celles ci permettent de séparer l'humour des phénomènes éthico esthétiques environnants et de le ranger à coté des mécanismes de défense du moi contre la souffrance. Freud explique le processus humoristique en terme non plus économiques mais dynamiques à partir du jeu de rapports entre les instance psychiques de la deuxième topique. Le moi s'incline devant la supériorité du surmoi qui le juge. Pris dans son ensemble avec ses sentiments et ses soucis, le moi s'apprécie comme étant une chose de peu de valeur, voire haïssable et nous revenons à l'idée selon laquelle le comique est partie prenante de la conscience du monstrueux en soi.
Un psychanalyste contemporain Paul-Laurent Assoun envisage l'humour comme étant une formation réactionnelle de la disposition mélancolique fonctionnant comme un filtre de l'angoisse de mort. En pensant ensemble les idées d'humour et de mélancolie, la doctrine freudienne retrouve l'origine médicale et humorale de l'humour. On remarquera que « la propagation du mouvement dans un milieu fluide » est le sens premier du mot pulsion. C'est l'hypothèse de la pulsion en tant que représentant psychique d'une excitation organique qui prend le relai de l'ancienne humeur. Et ce point de vue psychanalytique sur le rire est aussi appelé la théorie de la décharge.

Les facultés proprement humaines du rire

En nous appuyant sur ces thèses qui font de l'humour une manifestation de la force de Vie (plus ou moins naturelle voire sauvage ou plus ou moins transformée voire culturelle), essayons maintenant d'en dégager ses facultés et son utililté.
S'il est indéniable que chez l'homme, le rire est porteur de sens par l'esprit de contradiction qu'il véhicule, c'est bien qu'il mobilise la réflexion. La question est donc de savoir de quelle nature est cette réflexion. Dit autrement, interrogeons nous sur ce qui est réfléchi. Observons préalablement que le rire unit. Rien n'est plus efficace pour fédérer les individus et cimenter un groupe que de (faire) rire ensemble. Le rire devient alors ipso-facto facteur de rassemblement et de compréhension mutuelle (comme dans le phénomène de contagion du fou-rire). On rit ensemble et souvent contre. Cela exprime notre adhésion et/ou notre refus à des valeurs communes. En ce sens, le rire est un des signes de la sociabilité humaine.
On peut alors reconnaître à l'humour trois grandes fonctions intimement articulées entre elles. La recherche de liens, la prise de distance, la conquête de la transcendance.

- La recherche de liens ou l'humour comme moyen pour créer de la sympathie :
Rire ensemble de la même chose rapproche des personnes. C’est alors un moyen plaisant de se moquer de tel ou tel trait supposé de notre voisin. Comme dans les histoires belges :"Savez-vous comment les belges ont perdu leur flotte sous-marine ? C'est en organisant une journée portes ouvertes". Mais chercher à faire rire, ce peut être également un rapprochement pour agir, pour se rassembler autour d'une pensée commune et partagée, comme c'est le cas des dessins ou des journaux humoristiques. Il y a aussi bien sûr ce qu’on appelle l’humour noir. C’est un humour subversif, qui transgresse les tabous, renverse les privilèges, qui a le pouvoir de la contestation. Il passe par la plaisanterie cruelle, voire funèbre, à la formule flamboyante. "Que dit un aveugle à qui on donne du papier de verre : oh c'est écrit serré". C’est la volonté de surprendre, d’inquiéter de scandaliser en vue d'affirmer des idées qui est mis en avant.
Et de fait, dans cette recherche de liens, l'humour sert aussi de moyens pour favoriser l'engagement. On peut penser à ce propos aux textes féroces de Coluche ou de Pierre Desproges. Ainsi pour défendre l'idée de fraternité voici la définition de ce dernier sur le Judaïsme issue de son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis. "Judaïsme : Religion des juifs, fondée sur la croyance en un Dieu unique, ce qui la distingue de la religion chrétienne, qui elle s’appuie sur la foi en un seul Dieu, et plus encore de la religion musulmane qui se revendique résolument monothéiste.

- L'humour comme prise de distance :
Comme déjà énoncé l'humour est un mécanisme de défense contre l'angoisse. Rire de soi, de ses malheurs, permet de les relativiser. L'humour a en effet cette vertu extraordinaire de déjouer le tragique, or la vie est aussi une tragédie dont le point inévitable et ultime est la mort. Comme le dit Woody Allen : « la vie est insupportable, mais le pire c'est qu'elle s'arrête ! » Par une pirouette de l'esprit, ce qui nous oppressait va nous faire rire et en riant, nous ne modifions certes pas, la réalité tragique, mais nous transformons la perception que nous en avons. L'humour est par là-même une forme de pudeur, un dévoilement qui permet de dédramatiser bien des situations, de ne pas se prendre trop au sérieux. Et la question à se poser serait de se demander mais qu'est-ce que laisse voir ce qui est dévoilé.
Ce qui amène bon nombre d'analystes à souligner le lien particulier entre l'humour, l'humanité, l'humilité. Ce lien n'est pas seulement motivé phonétiquement, il l'est aussi étymologiquement. Le mot latin humor signifie eau et le mot humus désigne la terre en tant que localisation du bas, d'où dérive le mot inhumer. Les hommes seraient ceux du bas, les terrestres par opposition à ceux du haut, les célestes. Ce lien entre l'humour, l'humanité, l'humilité peut également s'entendre comme une caractéristique nécessaire, à savoir que pour rire, véritablement et de bon cœur de notre condition humaine, d'hommes d'ici bas, il convient de rester simple, humble, c'est à dire être ouvert à une autre dimension... ce qui vous en conviendrez est particulièrement complexe... par les temps qui courent...

En ce sens, l'humour comme prise de distance semble être une des caractéristiques de l'humour juif. Il s'agit d'histoires que les juifs racontent sur eux mêmes pour mettre en avant leur prétendu esprit d'affaire, intelligence ou réputation d'avidité. Les juifs font preuve d'auto-dérision en se moquant d'eux mêmes, de Dieu et de la vie, c'est à dire de tout ce qui leur est le plus précieux. Mais en aucun cas, il s'agit d'histoires sur les juifs inventées par des non-juifs alors souvent teintées d’antisémitisme. Quelques exemples :
Question : Quelle est la différence entre un tailleur et un psychanalyste ? Réponse : Une génération. Comment se trouver rapidement à la tête d’une petite fortune en Israël ? Réponse : en arrivant avec une grosse fortune.
Dans une grande rue de New York, le propriétaire d'un magasin de vêtements connus installe sur la vitrine de son magasin une grande affiche sur laquelle on lit : "Ici le meilleur tailleur de New York." Un de ses concurrents, propriétaire d'un autre grand magasin dans la même rue, réplique deux jours après en placardant : "Ici vous trouverez le meilleur tailleur des États-Unis." Un troisième des grands tailleurs de cette rue assure bien entendu : "Ici travaille le meilleur tailleur du monde." Moise, petit tailleur pauvre doit s'installer dans cette même rue, il regarda toutes les affiches, réfléchit un moment, puis place sur la vitrine de son échoppe l'affiche suivante : "Ici c'est mieux qu'en face."
L'humour est souvent, pour les juifs, un moyen de supporter le rejet et les persécutions dont ils ont été fréquemment l'objet. En ce sens, l'humour leur permet d’accepter une situation difficile. Exemple : la célèbre prière de Moise qui a la synagogue remercie Dieu « Dieu, grand merci, tu as fait de nous ton peuple élu, c'est un immense honneur. Mais s'il te plait, ne pourrais-tu pas maintenant en prendre un autre ? ».
Deux questions se posent, peut-on rire de tout ? On connait la réponse de Pierre Desproges « oui, mais pas avec tout le monde ». On ne pourrait donc pas rire avec n'importe qui ? La réponse engage autant des considérations éthiques que esthétiques, le « comment rire ». Car il apparaît évident qu'il existe un rire gras, un rire pornographique qui appuie avec lourdeur sur le même bouton et déclenche le même mécanisme. Alors certes le rire permet de prendre de la distance, mais force est de constater qu'il existe aussi un humour proprement inhumain. Le pire est sans doute celui des gardiens de camps d'Auschwitz-Birkenau et leur inscription d'accueil, « le travail rend libre ». Il est, à ce propos pour le moins, difficile de ne pas être interpeller, interpeller par le sens que l'on peut accorder mot Auschwitz : Ausch en allemand signifie "en dehors de, sans" et witz, nous avons déjà dit,"mot d'esprit". Il évident que pour moi le lien est fait : Auschwitz représente le lieu sans humour, les espaces sans humanité.

- L'humour comme conquête de la transcendance :
Comme de nombreux philosophes, Freud dans son petit essai sur l'humour le souligne « Il serait temps, de nous familiariser avec certaines caractéristiques de l’humour. L’humour a non seulement quelque chose de libérateur, analogue en cela à l’esprit et au comique, mais encore quelque chose de sublime et d’élevé, traits qui ne se retrouvent pas dans ces deux ordres d’acquisition du plaisir par une activité intellectuelle.» En effet, prendre les choses avec humour, c’est montrer qu’on n’est pas enfermé dans notre condition terre à terre. On dit de quelqu’un qui fait preuve d’humour qu’il est « spirituel ». C’est ce qui distingue l’humour de la farce : L’humour est ouverture vers autre chose, une autre dimension : « une révolte supérieure de l’esprit » selon André Breton.

Ces trois grandes fonctions de l'humour (La recherche de liens, la prise de distance, la conquête de la transcendance) peuvent, on l'aura compris, à leur tour devenir un danger majeur. Elles nous rappellent que « le rire est pharmakon, à la fois remède et poison. Se domestiquant lui même, il signale le trouble et l'apaise simultanément. Il est à la fois le gardien du seuil et le symptôme de son franchissement. Mais sur quoi donne ce seuil ? Sur l'attente d'un imminent chaos ou sur la perception sereine du monde, enfin vu tel qu'il est ? »

Les dimensions éthiques et esthétiques du rire contemporain

Dans cette dernière partie, je voudrai approfondir le rire juste, le comment rire. André Comte-Sponville nous dit : « Rien de plus agaçant, à la longue, ni de plus triste que cette volonté délibérée de rire. Il est clair, puisqu'il se prend au sérieux qu'il (l'humour) cesse alors d'être fidèle à soi. Mais c'est la tentation de notre époque, précisément parce qu'elle s'y reconnaît, que de faire de l'humour un sens comme un autre, une nouvelle norme éthique comme un ersatz de religion. Le sens de l'humour, loin d'abolir les valeurs, en devient alors une autre.
L'humour, devenu systématique, change alors de nature : il devient un signe comme un autre, le rire devient ainsi une nouvelle forme de fétichisme. Fétichisme post moderne, si l'on veut et qui ne va pas sans mauvaise foi. Il y a là comme une perversion de l'humour ».

En explorant les contre-cultures contemporaines Pacôme Thiellement voit dans l'humour-spectacle un simulacre reconstitué : « Le problème de l'humour aujourd'hui, c'est qu'il n'est pas drôle parce qu'il nous délivre de rien. Il ajoute une tristesse à une tristesse, une impuissance à une impuissance. Quand Choron, Reiser ou Gébé attaquent les politiques de leurs époques, ces derniers sont à la fois responsables de leurs décisions et sérieux comme des papes : l'humour leur fait mal, concrètement mal. Mais quand Stéphane Guillon ou Nicolas Bedos attaquent les leurs, ces derniers ne sont responsables de rien et peuvent répondre à tout avec une petite blagounette... le comique perd son job...ou se résigne à devenir le faire valoir de l'humoriste principal qu'est l'homme politique, comme Sancho Pança pour Don Quichotte. »

Un autre philosophe contemporain Gilles Liposvesty dans l'ère du vide rejoint cette thèse. Il démontre que le développement généralisé du code humoristique dans nos sociétés postmodernes où la communauté se met en représentation dans les médias, les arts et la publicité finit par confondre humour et comique, drôle. De fait, nous dit-il, la spécificité de l'humour disparaît et il n'a plus de statut éthique ni de particularité esthétique.
Déjà le philosophe Théodor Adorno dans la Dialectique de la raison traitant de la production industrielle des biens culturels avait tôt identifié une des facettes du rire de masse : "un collectif de rieurs est une parodie de l'humanité. Leur harmonie est la caricature de la solidarité". Adorno analysait la place de "certains rires comme accompagnement de l'intolérance, la violence, la cruauté..."
Gérard Rabinovitch confirme ce point de vue en soulignant que « L'humour, dans son usage épidémique, dégradé et trivial, mass médiatique, devient l'indicateur signalétique d'une rigolade dont les subtilités de style et de position du sujet éthique sont gommés. Avec humour en générique, on ne sait de la « poilade » promise s'il s'agit de satire, de bouffonnerie, de farce, de parodie, de sarcasme, de raillerie, d'ironie ou d'humour précisément. On abolit le travail éthique de « désembrouillement » d'où la notion d'humour est née ».. Il ajoute « l'humour n'est pas un genre de rire de plus, venu s'additionner aux autres. Il se détermine d'une position de l'être. »« L'humour peut bien flirter avec le trivial et le grivois, le clownesque et le salace... son centre de gravité, son noyau magnétique, c'est son éthos. L'éthos est la sagesse qui se cache en l'homme..., c'est encore la (résidence de ce « point d'objection » avancée ), butée interne de résistance ultime du sujet à la néantisation subjective qu'exerce sur lui la pression des forces de la domination selon le psychanalyste Fethi Benslama. L'éthos de l'humour, c'est cette lucidité sans illusion ni malveillance... »

Ces mêmes philosophes contemporains nous amènent donc à penser l'humour d'un point de vue totalement nouveau au regard de la philosophie classique. Gérard Rabinovitch précise, "L'humoriste vrai n'est pas un simple rieur se moquant du monde. C'est même précisément le contraire. Il cite alors Erwin Panofsky, l'humoriste vrai, « grâce à cette conscience qui le maintient à distance à la fois du monde et de lui même, est capable en même temps de considérer les défauts objectifs de l'existence et de la nature humaine, c'est à dire le hiatus entre la réalité et les postulats éthiques et esthétiques, et de dépasser subjectivement ce hiatus, dans la mesure où il comprend qu'il est le résultat d'une imperfection universelle, voire métaphysique, inscrite dans l'organisation de l'univers. »
Certainement que l'humour de Raymond Devos incarne ces dimensions. On les retrouve par exemple dans des sketches comme l'artiste, un ange passe, supporter l'imaginaire, ouï dire, le fils d'Abraham. Sa préoccupation principale est de nous faire rêver, il nous fait entrer dans une fiction, nous glissons imperceptiblement par la magie des mots vers l'absurde, et sans rompre le charme, il nous projette par un éclat de rire vers le réel.

André Compte-Spontville re théorise toutes les conceptualisations de ses prédécesseurs en nous disant : "Je crois bien qu'on ne rit jamais que du non-sens, ou plus tôt du sens, plaqué sur du non-sens, comme aurait dû dire Bergson. Ce qui fait rire, c'est ce qui fait semblant d'avoir du sens, semblant de valoir, semblant d'être sérieux : le risible, au fond, presque toujours, c'est le ridicule, la prétention indue du sens. L'humour travaille sur le sens du sens, c'est à dire sur le non sens. Au rebours de l'interprétation, qui va du non-sens au sens, au contraire de la prière, qui crée le sens, illusoirement, par le déni de son absence, à la différence même de l'ironie qui n'annule un sens qu'au profit d'un autre sens, L'humour va du sens au non-sens, sans réserves ni restriction, si bien qu'à la fin il n'y a plus que le non-sens. C'est pourquoi il est miséricordieux. L'humour nous mène d'un non-sens latent (recouvert ou masqué par un sens illusoire) à un non-sens manifeste. Et le réel se donne alors dans un grand éclat de rire - le réel, non le sens. C'est la supériorité de Woody Allen sur son psychanalyste. Comme ce dernier, en apparence, il cherche un sens mais alors que l'herméneute reste toujours prisonnier de ce qu'il cherche, Woody Allen feint de chercher un sens et s'amuse de ne trouver que le réel comme dans la fameuse plaisanterie « la réponse est oui mais quel peut bien être la question ». L'esprit apprend ainsi à rire ou à sourire de sa propre déception. « La seule chose que je regrette, dit toujours Woody Allen, c'est de n'être pas quelqu'un d'autre... »
"L'humour est, en cela, non seulement la politesse du désespoir, mais il nous aide aussi à nous libérer de l'espérance. Il remplace un mensonge par un plaisir, une illusion par une vérité. On comprend que les hommes d'églises ne l'aiment guère. La religion, c'est le sérieux de l'esprit, le culte du sens. « Que votre rire se change en deuil et votre joie en tristesse. Humiliez-vous devant le Seigneur et il vous élèvera » [Épître de Jacques, livre IV verset 9 et 10, lettre adressée aux premiers chrétiens]. L'humour dit exactement l'inverse : que votre deuil se change en rire, que votre tristesse se change en joie ! Et pourquoi pas ? Pour qui n'espère rien ou n'aime que la vérité, tout est léger et prétexte à rire. Puisque toutes les vérités se valent et ne valent rien et qu'il n'y a rien d'autre... seul le rire demeure, qui est une pure joie, comme un défi au sens ou au néant".

En cela André Comte-Sponville rejoint la thèse de Spinoza « "Le rire, tout comme la plaisanterie, est une pure joie... Plus nous sommes affectés d'une plus grande joie, plus nous passons à une perfection plus grande." Car Spinoza ne pense pas le rire à partir d'un hiatus, d'une inadéquation à combler. Pour lui au contraire, c'est l'expression radieuse, jouissive de la pensée adéquate, on rit joyeusement lorsqu'un être rejoint sa perfection. On ne rit pas quand ça marche pas, mais au contraire, quand ça marche bien... Cette pensée du rire devient lumineuse quand on considère autre chose que le rire socialisé des adultes. Les très petits enfants rient de l'eau du bain ou à la vue d'un animal. Leur rire ne comble pas une brèche, il salue un événement, une perception joyeuse. Ici nous sommes plutôt dans la sagesse dont parlent les Upanishad, dans le « c'est ainsi », de ce qui est là. Le rire bête, sans finalité ni cause, a une portée ontologique, il rejoint le rire silencieux et lucide du sage ».
On pourrait donc dire à l'instar de André Comte-Sponville que « L'humour est une anti religion et le comique légitimement de notre siècle. Il brise toutes les idoles; il se moque des dieux, des fétiches et de soi même. En quoi il est destructeur, c'est vrai mais salutaire aussi. Il fait place nette pour la vérité. C'est le deuil du sens par quoi la joie, face à l'absurde ou au réel, redevient possible. L'humour, c'est le comique du désespoir. Le contraire de croire, c'est savoir, le contraire de prier, c'est rire. Tel est aussi l'esprit des koans Zen où la vérité s'affirme dans l'évidence illuminante de sa non-signification. Mais l'humour ne serait pas l'humour autrement. C'est qu'il lui faut toujours un sens à détruire, toujours un sérieux à annuler. Il est réactif par définition. Comme l'érotisme, l'humour ne cesse de travailler sur sa limite et finit par abolir ce qui le rend possible: ici le désir, là le sens. Cependant cette pure pensée positive n'épuise pas l'étrangeté du rire. Comme le sexe, celui-ci déchire notre enveloppe, ouvre une béance et la referme. Il provoque jouissance et blessure.»

Conclusion sous forme de sourire

La question éthique reste incontournable, aussi pour conclure, j'aimerai illustrer par deux histoires en quoi l'humour est une des réponses possible aux défis de l'existence dans la première, à notre condition humaine dans la seconde.
"Le calife vient de mourir. Alors que le trône est vide, un misérable mendiant vient s'asseoir dessus. Le grand vizir demande aussitôt aux gardes de se saisir de ce loqueteux qui commet un sacrilège mais ce dernier de répondre : "laissez moi, je suis au dessus du calife. Comment peut-on dire une chose pareille, s'exclame le grand vizir stupéfait. Au dessus du calife il n'y a que le Prophète. Je suis au-dessus du Prophète, poursuit le mendiant sans se départir de son flegme. Quoi! Qu'oses tu dire misérable! Au dessus du Prophète, il n'y a que Dieu! Je suis au dessus de Dieu. Blasphème ! Hurle le grand vizir. Gardes! Étripez ce fou sur le champ. Au dessus de Dieu, il n'y a rien! Et le mendiant de répondre.... justement, je suis rien".

"C'est Jacob le rabbin qui au sortir de la synagogue rend grâce à Dieu. Il le remercie de lui avoir donné la Torah, de l'avoir choisi lui pour accomplir les rituels, il lui redit toute son adoration et toute la confiance qu'il place en lui et en lui seul. Or voilà que plongé dans ses pensées, le rabbin tombe dans un ravin. Dans sa terrible chute, il parvient quand même à s'agripper à une petite branche mais vraiment pas solide. Effrayé par le vide, au dessous de lui, il appelle à l'aide : Au secours, au secours, Il y a quelqu'un ? Seul le silence lui répond. Il crie encore : Y a quelqu'un ? Quand une voix profonde, venue d'en haut, de très haut le fait taire : Mon fils, j'ai entendu ton appel. N'aie aucune crainte, je suis là, lâche cette branche, mes anges vont te porter et te déposer doucement au bas de ce précipice. Et Jacob regardant à nouveau le vide sous ses pieds, de re crier : y a t-il quelqu'un d'autre ?"

Bibliographie

Adorno Théodor W. et Max Horkheimer : la Dialectique de la raison, Gallimard, 1974, Paris.
Bergson Henri : Le Rire, essai sur la signification du comique, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1924, Paris.
Desproges Pierre : Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis, points, 1997, Paris.
Dictionnaire Le petit Robert 1 : Rédaction dirigée par A. Rey et J. Rey-Debove, 1987, Paris.
Comte-Sponville André : Traité du désespoir et la béatitude, quadrige-puf, 2002, Paris.
Druet François-Xavier : Enseigner l’humour, La Libre.be, publié mars 2009, document internet.
Freud Sigmund : Psychanalyse volume VII, Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient, Puf, 1905, Paris.
Garnier Philippe : Et vous trouvez ça drôle, Philosophie magazine n° 69, mai 2013.
Pollock Jonathan : Qu’est-ce que l’humour, édition Klincksieck, 2001, Paris.
Rabinovitch Gérard : Comment ça va mal ? L’humour juif, un art de l’esprit, Bréal 2009, Paris.
Rabinovitch Gérard : Et vous trouvez ça drôle ? Variations sur le propre de l’homme, Bréal 2011, Paris.
Spinoza : L’Ethique, livre IV, essai folio, 1994, Paris.
Thiellement Pacôme : Tous les chevaliers sauvage : Tombeau de l’humour et de la guerre, 2012, édition Philippe Rey, Paris.